09-11-16

Murray Street Restaurant


Ali a finalement daigné dîner avec moi. Mais, comme il arrive souvent dans ce dur périple qu'est ma vie, choisir le lieu du dit dîner m'était confié comme tâche. Choix habituellement difficile, il était, cette fois-ci, périlleux. Je devais à tout prix trouver un restaurant qui ne décevrait pas ma chère collègue, et qui l'inciterait à m'accompagner lors d'autres sorties gloutonnes. Comme une radieuse et féconde poule, je pondis la belle idée suivante: Murray Street Restaurant.

Parce que j'aime bien ce resto et parce que je n'ai pas le goût d'aller poursuivre des jolis faits saillants sur Google, laissez-moi vous expliquer l'effet que me fait ce Murray Street Restaurant. Une maison d'allure simple, bien tenue abrite le restaurant, avec un gai petit porcin (leur logo) ornant la porte. On entre, du bois, du cuir, pas trop de métal ou de vitre: un rustique moderne. Pas du tout intimidant, mais aisé et soigné. Sans trop d'effort, ça dégage juste assez de cool. Les serveurs informés sont plaisants, posés et indulgents. Surtout, on y sent, dans les employés, les propriétaires qui viennent s'enquérir de votre bien-être et les autres dîneurs, un enthousiasme gourmand. Ça me convient, quoi.

Ali a choisi le elk dip (13$), variante de l'éternel french dip, mais avec des minces tranches de wapiti rôti (je crois bien traduire, surtout pas que wapiti c'est chouette à dire). Pain de chez Art-is-In Bakery, parfait. Salé, spongieux, croquant, ses poches d'air avalaient avidement le jus, celui-ci bien viandeux (un belgicisme dirait-on). On en est convenu, la viande était un peu sec. J'aurais coupé de plus épaisses tranches, qui auraient mieux contenu l'humidité tant recherchée. Les rondelles d'oignon (rouge) étaient à quelques pas de la trascendance. Légères, sucrées, croustillantes, Ali les trouvaient huileuses, commentaire auquel j'ai acquiescé en me léchant avidement les doigts.

Je n'aime pas cette photo. J'en ai pris seulement une malheureusement. Mais ça veut dire que j'étais préoccupé par mon la consommation de mon plat. Un cassoulet (16$) concorderait bien avec une belle et fraîche journée d'automne, me dis-je. Une saucisse maison et une cuisse de canard confit arrondissent le tout, une belle façon de s'acquitter de nos deux à trois portions de viandes et légumineuses. Les haricots, croustillants et caramélisés au périmètre du poêlon, sont malheureusements secs et granuleux au centre. Des morceaux de canard, peau et gras et tout, règlent ce problème. Tout ce qu'un confit de card devrait être, comme du St-Hubert pour les rois. La saucisse, aux contenus inconnus (j'allais demandé, mais, bon, je sais pas) était house-made comme on dit, avec une enveloppe qui résitait bien à la dent, la viande pas trop finement broyé, pleine d'herbes et d'assaisonnements. Je t'aime, saucisse.

Un trio de gâteries nous amènent au dessert, 6$. Un brownies au beurre d'arachide, un petit gâteau au fromage et un carré aux pacanes et chocolat se sont guerroyés sur nos papilles, laissant qu'un gagnant.

Bravo carré aux pacanes et chocolat. Vous êtes un véritable champion des desserts. Tel un quadrilatère de tarte aux pacanes concentrés, vous avez, grâce à vos fortes notes chocolatées contré les efforts du brownie, trop sec, trop sucré et pas assez beurre d'arachide-esque. La croûte légèrement salée, les pacanes croustillantes ont rapidement mis de côté le gâteau au fromage, trop fruité, goûtant trop vaguement du chocolat.

Maintenant, mettons fin à cette piètre métaphore et donnons notre opinion sur le repas, une vision globale, une appréciation essentielle de l'expérience vécue: très bien. C'est un des restos préférés, et je dis seulement très bien parce que j'y ai déjà eu des meilleurs repas. Allez-y, donc. Au pire, vous allez trouvé ça très bon.

Murray Street Restaurant
110 rue Murray, Ottawa



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