10-01-21

Island Flava

Généralement, j'essaie de ne pas trop lambiner sur le campus. Mon horaire à la session d'automne était plus favorable à cette volonté: aucune pause. Mais, tout ça a changé. Les mercredis, j'ai maintenant une douloureuse pause de trois heures, trop courte pour me permettre de retourner chez moi, mais trop longue pour rien faire. Heureusement, je suis un génie: je vais aller dîner.


Island Flava c'est un petit resto, avec une dizaine de chaises, avec un menu de mets caribéens et avec un propriétaire sympathique. La majorité des repas sont pris pour emporter, mais j'y reste habituellement, surtout par paresse.

J'ai une affection particulière pour les boissons inconnues ou étrangères. Le réfrigérateur ici en est plein, et le choix est difficile. Une à l'oseille (connais pas) et au gingembre s'avère un succès. C'est en fait un jus de canneberge mélangé avec du gingembre, très fort. Acidulé vs. sucré/épicé. Vous connaissez mon penchant pour les contrastes? L'oseille a apparemment un goût acide, mais je n'ai pas pu le détecter, outre peut-être une note herbale légère. Une bière de gingembre (pas du ginger ale) est également bonne, avec un goût encore plus intense et fort, avec des belles saveurs sucrées et maltées. Ça me donnait le goût d'un dark and stormy.


L'assiette de poulet jerk (petite 8$, grande 10$) est mon plat habituel. Le poulet est tendrissime, richement succulent et pronfondément parfumé d'épices jerk. Le riz aux haricots est délicieux une fois infusé de sauce, et il en va de même pour les bananes plantain frites. J'ai pris la grande assiette, qui m'a plus que rassasié, même si la portion de poulet ne me semblait pas énormément supérieure à celle de la petite assiette. J'ai tout de même passé mes cours de l'après-midi à m'endormir.

Laissez-moi aussi vous dire pourquoi j'y retourne assurément: j'ai vu sur le menu une poutine au poulet jerk...!!! J'ai hâte.

Island Flava
409 rue Dalhousie
Ottawa

The Manx

The Manx c'est un petit pub dans un demi sous-sol. Souvent, on entend pub et on pense à des endroits bruyants avec du bois partout, quelques enseignes de bières importées et un menu assez peu inspiré. C'est différent ici. « C'est comme un vrai pub » disent mes parents, en ayant fréqutenté plus d'un lors de leurs périples en Écosse et en Angleterre. C'est petit, modestement décoré, avec un beau bar de bois, des gens sympathiques et un air conviviale. Pas de musique, non plus, ce qui n'arrive pas souvent au restaurant, mais qui s'avère assez plaisant dans ce cas.


Donc, le souper de famille dominical commence avec une trempette aux haricots noirs (8$) et au chili. Pas du tout lisse, la consistance est épaisse au point de casser quelques tortillas (très bonnes d'ailleurs), mais on ne se plaint pas puisque les morceaux d'haricots sont garants de la fraîcheur du tout. Je ne goûte que très peu de chili et la saveur dominante est sucrée, surprenant. C'est aussi servi froid, ce qui me semble une erreur dans ce cas puisque que ça empêche un plein déploiement des arômes.


Mon frère fait le meilleur choix: un wrap au pulled pork (13$) cuit dans un mélange de bière Creemore et de chili. Le wrap contient aussi un cheddar fûmé, et un salade de chou acide et fraîche. C'est un peu huileux dans l'ensemble, mais exquis: le porc est succulent, tendre et le cheddar fort fait sentir sa présence. L'acide de la salade cerne bien les autres ingrédients. Un très bon sandwich. Les pommes de terre devraient être tranchées plus mincement avant d'être frites, le centre étant insuffisamment cuit. Un espèce de ketchup maison les agrémente bien.


Un cari au tofu (9$) avec une sauce épicée aux arachides et du panais ne se prononce pas assez. La sauce, aromatiser de cannelle et de muscade, fait très bon usage des arachides, qui vont particulièrement bien avec le panais sucré, et le riz sur lequel c'est assis est léger et gonflé, mais où est le sel?!

Une pizza sur pain naan (14$) est présentée avec saucisse, artichaut, oignon rouge et arugula. On a peut-être trouvé le sel manquant: c'est juste un peu trop salé par le feta surtout. Pour le reste, c'est satisfaisant, quoique mollasse au centre. Un four plus chaud pourrait résoudre cet difficulté. Et pour 14$, une portion plus grosse aurait été appréciée.


Un steak sucré-épicé cuit sur la place (15$) et servi avec salade crémeuse de petites pommes de terre rouge dans une vinaigrette miel et moutarde avec des petits bois au beurre brun. Le steak est heureusement servi moyen-rare (il ne m'ont pas demandé ma préférence de cuisson), avec une belle croûte salée. Le sucré-épicé de la description est au poste, même si je n'arrive pas tout à fait à déchiffrer ce que c'est. Les pommes de terres pas sont cuites inégalements: certains tendres, d'autres dures. La salade est d'ailleurs pas si crémeuse que ça, mais les oignons sucrés la sauvent. Déception pour ce qui est des pois: je n'aurais pas pu dire qu'ils étaient cuits dans du beurre brun.

J'avais hâte à ce repas, mais en suis ressorti plutôt déçu. Pas mauvais, mais il me semble bien que par le passé j'ai eu bien mieux à cette adresse, que j'affectionne tant pour son atmosphère et sa disposition. Il y a une très bonne sélection de bière aussi, avec des produits de la brasserie McAuslan, de la Beau's et aussi de la Wellington County Ale, tous de très bonne qualité. Allez-y du moins pour prendre un verre et vérifier le menu du jour changeant: ça va pourrait être mieux.

The Manx
370 rue Elgin
Ottawa

Des bonnes et succulentes Queues

...de castor! Hahahaha. Je viens de terminer un autre article pour La Rotonde (le journal indépendant de l'Université d'Ottawa) et j'ai dû faire appel à toute ma décence pour éviter de faire des jeux de mots coquins.


Donc, cinq queues ont traversé mes lèvres pour entrer dans ma bouche. Pomme-cannelle, pêche-crème, Original, Québécoise et « lever de soleil Killaloe » (très possiblement le pire nom de Queue au monde). Tout en haut, c'est la Killaloe, avec cassonade, cannelle et citron. C'est vraiment la Queue idéale: salée, sucrée, surette. Les trois saveurs qui, jouant des contrastes, complémentent parfaitement la Queue. Ci-haut, une Queue un peu moins attirante. La portion « pomme-cannelle » évoquait tout simplement le contenu d'une tarte aux pommes génériques: pommes molles, trop sucré, gluant. Si vous me connaissez, vous savez que je n'aime pas les Queues gluantes.

Pour les autres, elles ont toutes échoué dans leur tentative d'atteindre l'éminence de ma Queue préférée. La Québécoise, avec une tartinade d'érable (mâple sprèd comme diraient certains), est vraiment trop sucrée. Pêche et crème, a été la grande perdante, avec une espèce de marmelade chimique. Une chance qu'il y avait de la crème fouettée, qui rend presque toute Queue comestible (presque). L'Originale est un peu comme la Killaloe, mais sans citron: mouin, c'est correct.

Heureusement, les Queues ne sont pas trop grosses, et on peut se gaver de plusieurs Queues.

Queues!

Queues de castor
69 rue Georges
Ottawa

10-01-12

Plaisir chocolaté


Voilà maintenant deux jours que je m’empiffre de ce dessert onctueux du Choix du Président… et la fin est proche (c’est-à-dire le carton est presque vide… selon mes calculs, il ne passera pas la soirée). Pleine De Morceaux De Brownies Au Chocolat est riche, crémeuse et très chocolatée… elle n’inspire pas la modération mais le doux plaisir de l’excès et de la démesure (pour accentuer cet état satisfaisant écrasez-vous devant la télé en écoutant quelques chose de poche comme The Bachelor). Je vous préviens… si vous êtes comme moi, vous n’allez pas vous arrêter à la simple portion d’une demi-tasse… donc, si vous êtes chanceux, comme moi, il y a d’autres personnes dans la maison qui ont le même problème et, comme le mien, votre carton aura une durée de vie de quelques jours seulement…

Bon, je vais dire ce que vous attendiez tous… mon opinion du point de vue nutritionnel (honnêtement… je ne peux m’en empêcher…)

Pour une demi-tasse (125 ml ou un peu plus de 8 cuillères à table ou une dizaine de bouchées régulières… bref pas assez) on ingère 22% de la valeur quotidienne recommandée de gras saturée et trans… c’est beaucoup monsieur le Président! Un autre aspect qui me chicotte est la liste d’ingrédients exhaustive avec tout plein de composés sucrants, d’huiles modifiés, d’agents préservatifs et d’autres pour modifier la texture… (Disons pas super sur une base régulière)
D’un point de vue positif!! Pour la même quantité il y a 10% du Fer et 4% du Calcium recommandé pour une journée… et sa goûte bon!

Bref, je n’ai pas eu le courage de regarder l’étiquette des valeurs nutritives avant ce matin… et je dois vous avouer que c’est probablement une bonne affaire : parfois, pour ce gâter, il suffit de fermer les yeux, cacher la petite diététiste en vous et allonger le bras vers le contenant de crème glacée Pleine De Morceaux De Brownies Au Chocolat et se servir. Croyez-moi, vous allez passer un beau prochain quart d’heure.

Montréal...: Rockaberry

Je dois vous faire un douloureux aveu: je n'ai pas mangé cette tarte à Montréal. Je l'ai mangée à Hull, chez moi. Mais je l'ai achetée à Montréal, et elle a fait le trajet de retour avec moi. Pourquoi ai-je ramené ça? Mon père, pour des raisons confuses, ramènent souvent des tartes de l'épicerie dernièrement, des tartes qui sont souvent au paroxysme du médiocre. Persévérant Manitobain qu'il est, cette médiocrité ne l'arrête pas et il continue à ramener ces tartes et il continue à être déçu. J'ai décidé de l'aider dans sa quête.


Jean (oui, on a presque fini de parler de lui) m'a fait savoir que, à quelques pas de son appartement, se trouvaient les meilleures tartes de Montréal. Il n'avait pas vérifié la justesse de ce titre lui-même, mais c'était suffisant pour me décider. On en est ressorti avec une tarte au pomme (et 16$ en moins, ish) dans une boîte énorme. Ce n'est pas une tarte traditionnelle, comme vous pouvez le voir, étant recouverte du même croquant qu'un croquant aux pommes, et plus haute qu'une tarte habituelle. La croûte est aussi d'un brun profond. Cette croûte s'avère délicieuse, feuilletée à souhait, goûtant de beurre et d'un soupçon de sucre, presque caramélisée à ses extrémités. J'ose dire que c'est la meilleure croûte de tarte que j'ai consommée.

Le reste est tout aussi impressionant. Sa voûte sucrée est mince et un peu croustillante, avec des notes de sel. Les pommes, comme il se doit, sont le noyau de l'expérience ici. Finement coupées, elles sont toutes parfaitement cuites, pas du tout molles, mais chevauchant bien la frontière entre le tendre et le ferme. La saveur de pomme est résonnante, accentuée par la cannelle et un goût de citron. La pointe ne s'affaisse pas non plus, les pommes étant comme cimentée ensemble par une espèce de substance collante faite de beurre, de sucre et de farine (je dirais).

Mon père était content, et moi aussi. C'est effectivement une des meilleures tartes qui a fréquenté ma bouche. Peut-être qu'Ali voudrait me soumettre une de ses tartes pour que je puisse les comparer?

Rockaberry
Plusieurs adresses
Vérifier la première photo, kin

10-01-10

Montréal: Pho Tay Ho

Jolis ces piments! Le récit de mon court périple à Montréal continue! Points d'exclamation! Jean et moi aimons manger, mais nous n'aimons pas nous « compliquer la vie », comme diraient certains plébéiens. Dans cette mesure, nous allons souvent au restaurant qui s'est donné comme nom Pho Tay Ho. La première syllabe pourrait vous donner l'impression qu'il s'agit d'un resto vietnamien se spécialisant en soupes tonkinoises: vous auriez raison dans ce cas. Mais outre cette soupe, le menu comporte autres plats/mets, et je trouve que ceux-ci sont dignes de mention.


Puisqu'on célébrait une grande occasion, Jean et moi avons décidé de commandé des « entrées ». Jean lut au menu « boeuf saignant au citron », et ce fut exigé. Une salade de laitue d'oignon, d'herbes diverses mais surtout de boeuf cru haché et mariné au citron lui fut servi. Évidemment, du boeuf tendre c'est un délice, ici accentué par l'aigre saveur du citron et le piquant de l'oignon. Les disques blancs en photo sont des chips de crevettes, des krupuks, comme des cheetos en texture mais goûtant plutôt salé. Trempées dans la sauce au poisson fournie, celles-ci émettent des sympathiques craquement. Amusant.


Devant moi, je retrouve une assiette de salade de poulet, qui comprend non seulement viande brune et blanche, mais aussi coeur, foie et rein. Les coeurs sont succulents, les reins intéressants d'un point de vue de la texture et le foie, profondément riches et décadents. Les oignons et l'aissaisonnement citronné coupent la richesse du foie mais cette salade, à 5$, devrait être partagé entre deux dîneurs. Jean et moi avons été un peu goinfres.

Mon plat principal était composé de riz, de côtelette de porc, de crevettes et d'oeufs. Le riz est parfait: collant est consistant sans tomber sur le coeur. Les oeufs sont un peu trop cuits; il en va de même pour les crevettes et le porc. Mais leur marinade les sauve. En fait, ils se sauvent collectivement: une bouchée de jaune d'oeuf, de porc et de crevette ne peut qu'être délicieuse. Une assiette impressionnante qui affronte courageusement la plus fière des faims.

Jean lui s'en prend au pho, ici avec boeuf saignant. Le bouillon est l'élément le plus important dans cette soupe, et il est ici exquis, riche et viandeux. Tout un repas.

C'est mon resto vietnamien préféré (au monde), bien que je n'aie pas fréquenté tous les restos vietnamiens (au monde). Jean et moi allons y retourner, sans doute.

Pho Tay Ho
6414 rue Saint-Denis,
Montréal

Montréal: Bocadillo

Peut-être par mesquinerie, quelques-uns de mes bons amis ont décidé d'habiter loin de moi. Malgré cette égoïsme, je les visite, quand c'est possible. Jean, qui fait feu et lieu à Montréal, est heureusement assez près pour que je puisse le visiter à des intervalles plus ou moins courts. Comme moi, il a souvent faim et d'assouvir cette faim en mangeant.


Si vous êtes futés, vous aurez deviné que j'ai visité Jean cette fin de semaine. Après s'être brièvement salués, on a aussi rapidement déterminé qu'on devait manger. Dix minutes plus tard, on se trouvait à Bocadillo, soit un petit casse-croûte vénézuélien auquel Jean m'avait déjà initié. Plusieurs images entourent le menu au mur et facilitent le choix, surtout pour les analphabètes.


Jean prend un sandwich de carne mechada, espèce de boeuf cuit longuement avec des épices, tomates et piments. Le pain est d'abord très bien. Sa structure permet de bien contenir sa charge humide. Cette solidité ne le rend pas inopportun: il est léger, et contribue à l'ensemble. La viande est un peu sèche cette fois-ci, me fait savoir mon ami. Dans le passé, elle avait été juteuse, avec un goût acide des tomates et bien parfumé du reste de ses agréments. Il y a un peu de mayonnaise aussi, un supplément toujours bienvenu. C'est, en somme, bon.

Pour ma part, je choisis un empenada au boeuf, espèce de pâtisserie frite et fourrée.

Le boeuf est le même que dans le sandwich, mais moins sec. L'enveloppe est faite à partir de farine de maïs, tradition vénézuélienne, lui donnant un goût sucré. La première bouchée me brûle le palais. Blablabla la patience est une vertu. Les autres sont moins douloureuses. C'est quand même bien: la croûte craque et le contenu est succulent. En se refroidissant, ça s'atténue pourtant. La pâte à l'intérieur devient plus... pâteuse. J'ai hâte de terminer. Je vous conseille d'en partager un. Ou peut-être devraient-ils servir ça avec une sauce, je sais pas.

Je poursuis avec un arepa au rôti de boeuf et au fromage. L'arepa déisng cette espèce de poche de pain sans levure, aussi fait à partir de farine de maïs. Je me rends vite compte que ça goûte plutôt comme mon empenada.


Le boeuf est différent par contre, une tranche de rôti d'un demi-centimètre. Il est plus sec, un peu plus coriace. Quand on a un sandwich avec quelque chose de coriace à l'intérieur, on a aussi un risque de déchirer violemment et subitement un morceau, et de faire éclater le tout sur son gilet. Je n'aime pas trop avoir peur en mangeant. Heureusement, j'évite une telle dédale et j'apprécie la sauce, plus sucrée et intéressante, et le fromage, au goût subtil, donnant un peu de richesse crèmeuse. Mieux que l'empenada.

C'est plaisant de voir la cuisine rapide des autres cultures. Cette fois, on en est sorti le ventre plein et sans trop de protestations. Satisfaction. Un seul problème: on sentait l'huile de friture et la viande. Ce parfum nous a suivit tout l'après-midi. J'ai hâte à l'été, où on pourra prendre ça pour emporter, achetant peut-être une bière pas loin et s'asseoir dans un parc. Wow.

Bocadillo
3677 rue Saint-Laurent
Montréal

Pour Ali #2


Devrais-je me sentir coupable suite à la consommation d'une pizza Colonnade un vendredi soir après une semaine active? Avec une couche de bacon, du fromage craquant et une léger excès de sauce (un bon excès)? Une pizza qui laisse un beau cercle huileux dans le fond de son habitacle?

Nooooooon...

10-01-06

Marroush Shawarmas



À Hull, les shawarma Marroush ont une réputation. Tout le monde les connaît, chacun à son opinion et on a tous nos histoires à raconter. Au secondaire, quand je commençais à avoir l'âge à sortir manger avec des amis sans mes parents (quel grand moment), c'était souvent notre destination. C'était abordable, convivial, rapide. On pouvait y être turbulents sans se faire réprimander. C'était plus exotique et intéressant qu'un fast-food. Le service était aussi unique. Farceurs, rudes, impolis et rieurs, c'était toujours une expérience qu'intéragir avec les employés. Mais ça marchait. Ils paraissaient peut-être se moquer des gens, mais ils se souvenaient aussi de leurs clients, et on arrivait à créer un réel rapport avec eux. On avait hâte de les voir. Maintenant, les employés de ce temps-là se font plus rares. Peut-être étaient-ils des propriétaires, qui, avec l'expansion de leur commerce, on dut diminuer leurs responsabilités de service à la clientèle. C'est très possible d'ailleurs, parce qu'il y a d'autres « Marroush » ailleurs, sur Rideau et Elgin, à Ottawa, par exemple. C'est un peu nébuleux, par contre, parce que leurs shawarmas sont différents, mais bon, disons que c'est le cas.

Malgré tout ça, le principal attrait demeure ceci: les shawarmas sont immenses. Vous pouvez voir ci-haut qu'il dépasse facilement cette radieuse canette, et ce n'est même pas le grand format qu'on appelle ici le « bazooka ». Bien que le bazooka soit un spécimène unique et impressionnant de shawarma, mon estomac est un peu trop vieux pour le tolérer, et je me contente du format régulier, qui demeure quand même imposant.

Ce soir c'est avec Mathieu que je visite Marroush. Il prend toujours le shawarma au boeuf, vantant à chaque fois le goût plus prononcé de la viande, et me rappelant que tout autre choix est inacceptable, voire imbécile.

En dépit des conseils de Mathieu, je prends toujours le poulet, qui, de par sa texture plus tendre, se mange avec moins d'effort de mastication. Comme j'ai dit, l'atout principal du shawarma, ici, est sa grosseur. Chaque bouchée renferme une bourrée de légumes, condiments, de sauce, de viande et de pita. C'est un plaisir presque gamin que d'ouvrir la bouche, de croquer, sachant que ça va déborder, et d'avaler avec satisfaction. Les ingrédients ne sont pas des meilleurs que j'ai vus dans un shawarma. Les légumes manquent en général ce croquant qu'on associe à la fraîcheur. Le poulet est plus sec qu'ailleurs, ce qui m'étonne puisqu'ils doivent en passer plusieurs tours de poulet sur rôtissoire par jour. En revanche, les sauces sont bonnes: à l'ail, piquante et forte, on la sent sur notre haleine des heures durant; et sucrée, riche et crémeuse, elle va de pair avec l'acidité des légumes marinés. Ça ne sera pas mon dernier Marroush.


Ce seront mes dernières pommes de terre, par contre. Acides, comme trop citronnées, salées, restées trop longtemps sur le comptoir et réchauffées au micro-onde, elles sont à déconseiller. Même la sauce à l'ail, ici, n'aide en rien, ne faisant qu'accentuer les saveurs excessives et déplaisantes des patates. On pourrait faire bien mieux.

Il y a des douzaines de restos à shawarma dans la région, tous suggérant une interprétation différent de ce sandwich si populaire. Marroush n'est peut-être pas le meilleur, mais il est le plus gros, et c'est suffisant pour se mériter mon 5$.

Marroush Shawarma Intl.
309 rue Saint-Joseph
Hull

10-01-04

Billet sans photo

Hier soir s'est déroulé le party de staff donné par mon employeur, les entreprises François Fortier (vous le savez sans doute, mais: Café Aux 4 Jeudis et Piz'za-za). J'ai bien réussi à masquer ma curiosité quant au menu, surtout quand j'ai appris qu'il serait préparé par l'équipe du restaurant Gy, nouvel arrivant sur la rue Laval. Je ne sais pas pourquoi, mais je m'en étais méfié jusqu'à maintenant: j'ai de la misère à faire confiance à un resto qui a un nom de deux lettres.


Ça a tout changé maintenant, et j'ai bien hâte d'y faire ma première visite (la dernière fois que j'y suis allé, c'était plein, bon). Si je me fie à mes souvenirs quelque peu bernés par le vin et la bouffe, on a été servi du poulet à l'orange, de la bavette de veau, du saumon au tandoori (je crois...), une autre protéine, de la polenta, de la ratatouille, une rillette de saumon, un tartare, des bouchées d'escargots emballées dans de la pâte phyllo et plusieurs autres petits mets que j'oublie malgré moi. Le tout a été servi comme buffet, donc ce n'est peut-être pas représentatif de la qualité initiale de chaque plat, mais c'était néanmoins excellent. La polenta était magnifiquement pénétré des saveurs de fromages et de poivre. Le poulet était succulent, tombant des os. Le tartare était très bien rendu, tendre et délicieusement assaisonnement, sans pour autant nous faire oublier qu'on mangeait de la viande. J'ai probablement mangé une douzaine d'escargots, où j'ai cru goûter un murmure de cannelle, jouant bien contre le salé.

Je n'en parlerai pas plus, afin de garder mes commentaires pour une visite disons formelle, mais je vous assure que cette visite aura lieu. C'est probablement un des plus beaux buffets duquel j'ai pu m'empiffrer.

Gy
39 rue Laval
Hull

Déjeuner chez Stoneface Dolly's


J'associe le goût particulier du saumon fumé avec l'hiver. C'est peut-être pourquoi mes choix au resto en comporte plus souvent dernièrement. Une omelette au pesto de poivrons rouges grillés avec épinards, fromage de chèvre et saumon fumé a satisfait mon désir, lors d'une visite chez Stoneface Dolly's. Comme les autres restaurants sur Preston, ils doivent être heureux de voir les travaux de réfection de la rue s'achever. C'est plus agréable de les visiter sans les 5 détours et les nuages de poussière engendrés par les routes non-pavées. Ce n'est pas ma première visite à ce resto. J'y ai eu plusieurs repas sympathiques: le menu présente une diversité d'inspirations, des ingrédients de qualité, un souci général de créativité et une mise en valeur de saveurs frappantes et variées.

Or, c'était ma première visite matinale. Le menu est moins inusité qu'au souper, mais quand même plus intéressant que le menu du déjeuner générique qui me décourage à tant d'autres restaurants. Mon omelette (11,99$) par exemple, avec fromage de chèvre et saumon fumé, n'est pas à première vue extraordinaire. Mais le pesto aux poivronx rouges imprègne les oeufs d'une vive saveur à la fois sucrée et épicée. Les épinards ne sont pas trop ramollis, offrant un contraste de texture, frais et croquant, contre la chaude onctuosité du fromage . Le saumon est excellent, sans cet odorant goût de poisson, tandis que les oeufs n'atteignent pas exactement la légère humidité d'une omelette idéale.


Un club sandwich (9,95$), avec bacon, oeufs, laitue iceberg et cheddar bénéficie immensément du pain à la melasse fait sur place. Les copieuses tranches du pain frais semblent parfaitement conçues pour le déjeuner, bien rassasiant et avec une dimensions sucrée, à cause de la melasse. Le tout est un sandwich difficile à médire, même si c'est un peu banal. Le bacon est épais et suffisamment croustillant (c'est-à-dire qu'il ne s'émiette pas). J'aurais peut-être préféré que les oeufs ne soient pas cuits durs, ou qu'on choisisse autre chose que de la banale laitue iceberg, mais au prix, c'est vraiment pas si mal.

Les deux assiettes étaient servies avec des home fries. Des pommes de terres cuites avec des oignons, des poivrons et des épices (poivre et paprika, surtout), ensuite rissolées ensemble pour créer un espèce d'agrégat féculent. Évidemment réchauffées, je les ai trouvées trop cuites, et je me demande pourquoi il est si difficile de trouver des pommes de terres fraîches dans les restos.

C'était bon, même si je m'attendais à quelque chose d'un peu plus exotique (allez voir leur menu, pour vous donner idée). J'ai hâte d'y retourner pour essayer les dejeuners d'oeufs et de côtes levées, combinaison qui fait sourire mon coeur.

Stoneface Dolly's
416 rue Preston,
Ottawa

Pâte brisée

J’ai toujours eu comme ce dédain de faire des tartes. En fait, c’est les pâtes à tartes que je n’aime pas faire. Le peu d’ingrédients m’inquiète… de la farine, une source de gras, un peu de sel, sucre au choix et très peu d’eau. C’est si simple mais une bonne pâte brisée peut s’avérer un défi pour les cuisiniers en herbe (comme moi). Premièrement, une bonne pâte sera légèrement croustillante mais tendre au centre, elle aura formé de beaux feuillets et aura bruni : résultat de la réaction de Maillard avec le sucre. Je peux aussi vous dire ce qu’elle ne devrait pas être… trop dure, trop molle, trop sec… calcinée.


L’on prépare une pâte brisée en coupant une source de gras (saindoux, huile, beurre, margarine, graisse végétale, etc.) dans une certaine quantité de farine. Résultat? Certaines particules de farine sont enrobées d’une petite couche hydrophobe de gras ce qui empêche la formation de gluten à travers toute la pâte quand l’eau sera ajoutée. Quand on aplatie la pâte brisée au rouleau, les petits morceaux de gras (idéalement de la grosseur de petits pois) se compriment entre les filaments de gluten et la farine. Pendant la cuisson, le gras fond et forme des petits espaces qui se remplieront de vapeur et le gluten se coagule et durcit entre ces espaces : on forme des feuillets! Notez que ces explications proviennent partiellement du livre « La chimie des desserts » par Christina Blais (et Ricardo : bouh!).



Madame Blais (encore à travers les pages de son merveilleux bouquin) nous conseille aussi, afin d’éviter une pâte trop dure, de ne pas utiliser trop d’eau ou de trop mélanger la pâte (ce qui favorise la formation d’un réseau de gluten plus serré). Mais bon… je n’ai pas lu ces judicieux avertissements avant de procéder et, malgré son apparence délectable, ma croûte aurait pu bénéficier d’une tendreté plus accrue.

Mais… quoi? Toi, Ali, tu a fais de la tarte ? De tes propres mains? Pâte et tout? Oui, chers lecteurs, j’ai fait de la tarte (pâte et tout) pour une occasion que l’on nomme la veille du jour de l’an. Et y a-t-il une meilleure façon de célébrer le début de l’année 2010 qu’avec une belle pointe de tarte aux pacanes-chocolat-siropd’érable-whiskey? Sûrement. Voici la recette que j’ai utilisé (ainsi que celle pour la pâte).

Je n’avais pas de sirop de maïs et ne voulant pas me rendre à l’épicerie que pour un item, j’ai décidé de substituer pour du sirop d’érable (en fait, l’excellente idée provient de ma mère donc je ne peux malheureusement pas prendre le mérite). Nous avons cependant bouillie le sirop d’érable afin de l’épaissir un peu avant l’utilisation pour la recette. Ma fidèle bouteille de Bourbon était, elle aussi, à sec (Ali & Jack : tout une équipe.. haha.. non) mais n’inquiétez vous pas… Glenfiddich 12 ans s’est gaiement porté volontaire. En fait, le scotch a su aromatisée le dessert d’une incomparable odeur sucrée et envoutante (j’y pense encore aujourd’hui).

Selon les commentaires des autres la tarte aurait été « excellente!! » mais j’ai parfois l’impression qu’on me dit sa pour ne pas blesser mes sentiments de cuisinière en herbe… en fait, je crois qu’elle sentait et qu’elle goûtait mieux qu’elle en avait l’aire … l’excès de chocolat que je n’ai pu m’empêcher de mettre (c’est une horrible manie que j’ai… j’ajoute toujours au moins une demie tasse de chocolat de plus à la quantité réellement demandée) et la couleur sombre du sirop d’érable ont donné une teinte brunâtre, presque noir à la garniture de la tarte : pas full super disons.

Je n’essaie pas de vous décourager de faire cette recette, au contraire, elle est délicieuse mais disons que si vous décidez d’utiliser du sirop d’érable sa serait peut-être idéal de la servir au coup de minuit, après une soirée bien arrosées de vin et de champagne… c’est probablement de là que vienne les « Excellente la tarte Ali!! Miiiammm ».

10-01-02

Torte double-fudge

Durant notre repas chez Parma Ravioli, je pensais à la prochaine chose que j'allais digérer. De notre table, on avait une belle vue sur le Ottawa Bagelshop & Deli, où on voyait de nombreux clients entrer pour sortir avec des gros sacs de papier brun remplis de bagels frais. Après avoir fini nos assiettes, on traverse la rue et on entre, accueilli par l'odeur typique d'un bagel frais. On n'y vend pas seulement des bagels par contre. Charcuteries diverses, fromages, pâtisseries, chocolats et équipements culinaires sont offerts; une épicerie fine, quoi. Ali, sachant peut-être mieux que moins contrôler sa gourmandise, se désista et sorti sans rien acheter. Pas moi.


Je me suis laissé tenter par cette petite torte au double-fudge, simple et ronde, couverte de ganache lisse. Son contenu, avec une texture de pâte de brownie, était richement chocolaté, mais délicatement sucré. La torte est un parfait véhicule pour le chocolat, qui est laissé libre de s'exprimer dans tous ses tons et complexités. Ça donne le goût de manger plus de desserts.

Parma Ravioli et bonne année


Parma Ravioli est une épicerie italienne qui, le midi, sert aussi le dîner, surtout pour emporter. Il y a trois tables du bord de la fenêtre qui offrent une belle vue sur le rythme frénétique de la cuisine. Accompagné d'Ali, on a placé nos manteaux sur deux chaises, commandé et on mangeait bientôt notre repas. À 14h, l'endroit était heureusement tranquille. Étant donné la proximité de l'établissement à des gros bureaux de fonctionnaires, ça s'achalande plutôt rapidement aux heures de pointes.

Au menu, il y a des paninis, des pâtes, des sandwichs chauds et des salades, rien qui ne dépasse les 10$. On offre aussi des spéciaux quotidiens, où Ali choisit les pennes avec saucisse, légumes grillés et sauce méditerranéenne. Les saucisses sont italiennes, au plaisant goût de fenouil. La sauce est évidemment faite sur place: des forts goûts de tomate et d'ail témoignent de sa fraîcheur. Des cubes d'aubergines ne sont pas assez cuits, mais les autres légumes (poivrons, oignons) le sont, mettant un peu de sucré dans l'assiette. Dans l'ensemble, c'est un plat de qualité, mais pas mémorable. Ali a légèrement regretté son choix.

Je n'ai pas regretté le mien. Quoi de mieux pour complémenter une belle journée enneigée qu'un sandwich beurré à l'ail plein de boulettes de viande, de sauce tomate et de mozarrella fondu?

Je suis content de ne pas habiter trop près de Parma Ravioli. À moins que 8$, j'aurais de la difficulté à résister cette généreuse assiette. Les boulettes sont prototypiques. Consistantes sans être opprimantes. La sauce, épicée et acidulée avec une note de sucre, est riche, épaisse et pas trop abondante. Le pain rempli brillamment sa tache. Il est frais et souple, il réussi à contenir sa charge imposante et il ne se décompose pas en une pâte moite au contact de la sauce. Chaque bouchée était un plaisir, les saveurs fortes ne s'affrontant pas, mais s'unissant plutôt sous l'étendard du délicieux. J'ai aussi apprécié ma salade aux épinards, où j'ai trouvé des quarts d'oeuf cuit dur. Tout est meilleur avec des oeufs.

Grosso modo, un repas simple, rapide, satisfaisant et pas dispendieux, un peu comme un fast-food gourmet. Ce n'est peut-être pas tout le monde qui veut manger dans une épicerie, mais on a trouvé ça bien plaisant, surtout à cette heure de l'après-midi. On a pu écouter les bruits de la cuisine, regarder la neige qui tombait dehors et même écouter ce que les autres clients commandait, ce qui me plaît particulièrement. Je crois bien y retourner, question de goûter d'autres plats de pâtes (et de manger d'autres boulettes).

Et voici des photos des vos auteurs, pour que vous puissez penser à nos visages lorsque vous nous lirez. Ça, c'est Ali.

Ça, c'est Eric

Ça, ce sont des assiettes vides signalant notre repas terminé, métaphore visuelle que je propose pour en venir à vous souhaiter une bonne année, mais aussi remercier des gens. Ali d'abord, sans qui je n'aurais pas eu le courage de me lancer dans ce blog (et sans qui je n'aurais toujours pas goûter à des huîtres). Mes amis, pour m'accompagner au resto. Mes parents, pour m'accompagner et payer le resto. Et aussi, Pierre-Hugues, pour m'avoir vendu une belle caméra à bon prix. Bonne année à tous. J'espère manger de très bonnes choses avec vous en 2010.


Parma Ravioli
1314 rue Wellington Ouest
Ottawa

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