10-02-06

Genji, pour le néophyte

Les sushis et moi nous connaissons que très peu. Il y a quelques pistes explicatives. D'abord, notre région ne compte pas une quantité abondante de sushis de qualité. Il y a, comme partout, des petits fast-food-sushi, mais ceux-ci ne captent pas mon intérêt. Ce qui serait probablement le plus grand facteur dans cette affaire est ma préférence en températures. J'aime mes repas chauds. La chaleur, d'après une vague notion peut-être inventée que j'entonne néanmoins avec conviction, déploie mieux les goûts, surtout plus gras, des mets. C'est pourquoi une pizza chaude est meilleure qu'une pizza froide (malgré ce que vous diront certains songe-creux).


Reste-t-il que dans mon cheminiment vers l'omniscience gastronomique, je me dois de tout goûter et c'est donc sans réticence, et même plutôt avec enthousiasme, que j'acceptai l'invitation de Jean-François à aller souper à Genji, avec son ami Jean-François (deux personnes avec le même prénom, comme Dieu nous réserve de coquines surprises).

Je vais me limiter dans ma critique, ignorance oblige.

Voici une assiette, avec un red dragon roll (14$), soit un rouleau de tempura de crevette, des légumes, recouvert de thon. À droite, un ume shiso (4,45$), soit un maki avec umeboshi, des prunes marinés, et feuilles de shiso. En haut, le maki great canadian (15,95$), avec saumon fumé, homard et asperge.

Voici la mienne. En haut, un sashimi de butterfish (7,95$), poisson dont je n'ai pu trouvé le nom français. Si seulement j'avais un ami qui étudiait en traduction qui pourrait me venir en aide. J'ai aussi pris un dragon, soit le sweet dragon (11,95$), aussi un rouleau de tempura de crevette, mais cette fois-ci avec une fine couverture de patate sucrée. À droite, c'est une pizza sushi, qu'ils disent. C'est un disque de riz cuit en friture, recouvert de thon, de tobiko (oeufs de poisson volant), de ciboulette, des miettes de tempura et de mayonnaise japonaise (10,45)$.

Ici, c'est un maki Philadelphia (9,45$) avec pamplemousse, fromage à la crème et saumon fumé. Je viens tout juste d'appendre qu'il y avait du saumon fumé (en consultant leur menu en ligne), que je n'avais pas du tout détecté. Ceci s'explique par le fromage à la crème, saveur qui domine ici sur les autres, saveur qui ne convient pas, d'après moi, aux fines complexités typiques des sushis.


La pizza-sushi, bien que pas du tout traditionnelle, était exquise. Servi chaude, la galette de riz est superlativement croustillante, avec son contenu tout aussi tendre. S'échappe aussi un goût sucré de la caramélisation de la croûte, s'alliant habilement au mélange onctueux et salé qui la recouvre. Le thon est succulent, rehaussée par la riche mayonnaise. J'adore toujours le tobiko, que je me plaie à presser avec ma langue contre mon palais pour faire jaillir son contenu délicieux.

Ici, le rouleau avec patate sucré. La patate elle-même était très tendre. Ils ont dû la cuire, ce qui a aussi affinés sa saveur sucré. L'asperge croquante et le tempura croustillant ne font que rajouter à la complexité de textures, caractéristique récurrente dans les mets de la soirée qui m'a plu.

Lorsque Jean-François umeboshi, la serveuse l'a averti que ce maki était des plus surets, un goût assez inhabituel, surtout pour le palais nord-américain. Et c'était effectivement très sûr. C'est le genre de truc dont on ne raffole pas, mais qui est très intéressant à goûter, à déchiffrer. Après le début acidulé en bouche s'éveillent des relents parfumés, dus à l'intensité des feuilles de shiso.

Un autre maki (pas photographié), le unagi, piquait également ma curiosité gourmande. Unagi est le mot japonais pour l'anguille d'eau douce, qui est, dans ce cas, fumée. Les autres ingrédients du maki m'ont empêché de déterminer la saveur exacte de l'unagi. C'était salé et fumé, avec un typique goût de poisson, mais c'est pas mal tout ce que je peux dire. Les graines de sésame grillées qui garnissaient rendaient une excellente dimension supplémentaire au tout.

Finalement, le « butterfish » était un autre plat qui était plus intéressant que délicieux. C'est un poisson à chaire blanche avec un léger goût de la mer et une texture singulière, d'où son nom. En effet, il est aucunement filamenteux, avec une texture uniformément lisse et douce. Le goût comme tel était assez effacé, mais la texture unique nous le faisait oublier.

C'était un repas excellent dans l'ensemble, autant pour les saveurs à l'oeuvre que les quelques découvertes que j'ai faites. Merci à J-F et J-F pour leurs conseils et invitation.

175 rue Lisgar
Ottawa

2 commentaires:

Vincent

Butterfish = Stromaté (aussi appelé stromaté à fossettes ou Peprilus triacanthus) :)

Ricou

nice

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