10-02-24

Murray Street Restaurant 2

Samedi passé j'étais en voiture avec en tête l'idée de combler l'un de mes grands et anciens rêves gourmands. Par contre, en chemin, mon ami Michael m'appelle pour me proposer de souper ensemble. J'hésite. Il parle de Murray Street Restaurant. Mon rêve devra patienter (cette fin de semaine, peut-être). Donc, 30 minutes plus tard, me voici avec Michael, assis au bar. S'asseoir au bar c'est cool. Tu donnes l'impression d'être un habitué de la place, de ne pas prendre ça trop au sérieux, tu peux jaser avec les employés, bla bla bla. Une fois un Hendricks tonic ingurgité, on s'entend rapidement sur une assiette de charcuterie, à partager, pour débuter le repas. 30 dollars vous voudront 2 fromages et 3 viandes, ou 3 fromages et 3 viandes. Vues les portions généreuses de fromage, on opte pour une majorité charnelle et on choisit: un salami de wapiti (de Elk Ranch), de la poitrine de canard fumée sur place, et un lardo aussi fait sur place. Pour ce qui est des fromages, Michael prend son traditionnel cheddar Pine River de 7 ans (de Bruce County) et un Riopelle québécois. Remarquez, ce sont tous des produits locaux. C'est bien. Vous vous demandez peut-être ce qu'est un lardo? C'est du gras de dos de porc qu'on laisse dans une solution saline, comme du prosciutto. Ce sont les tranches blanches sur le pain dans la photo ci-haut. C'est particulier, goûtant vraiment les parties grasses d'un bon prosciutto. La texture est entre celle d'un beurre froid et de la charcuterie, intéressant. Un léger goût sucré, presque de noix survient aussi. Tout à fait intéressant, moi qui n'en avait jamais goûté. Le reste est aussi très bon. Le salami est heureusement porteur d'une complexité viandeuse, pas seulement de gras salé. Le canard fumé est également superbe. L'âge du cheddar vous laisse deviner son goût, avec une texture plus mietteuse. Le Riopelle goûte le lait, mais ses saveurs subtiles sont légèrement excédées par les forts goûts de ses voisins d'assiette. Le pain servi est toujours celui de Art-Is-In, une valeur sûre. Des cornichons, des oignons et des betteraves marinées sur place sont simples mais parfaitement rendus. Des petits oeufs de caille, marinés également, sont d'adorables petit délices. J'en mangerais pendant des jours. Pour le prix, c'est pas donné, mais ça en vaut tout à fait le coût. J'ai mangé jusqu'à la dernière miette de crostini.


J'ai choisi une petite assiette ensuite, un trio de « charcuteries ». Commençons à gauche, avec une langue de boeuf grillée: wow. Je n'avais jamais mangé de langue, mais je vais en mangé dorénavant. Parfaitement tendre, succulent avec des petits tons sucré de la marinade et un belle croûte grillée. Au centre, un reuben avec du coeur de boeuf tranché: wow. WOW. C'est à l'essence du goût du boeuf, savoureux au possible. La viande, tranchée mince, est prise entre tranches de pains grillées et beurrées (le beurre améliore tout) et une choucroute bien croquante, bien acide. J'ai dit « C'est le meilleur sandwich que j'ai mangé de ma vie » et ne crois avoir à reviser cette affirmation. La petite portion est pardonnable: c'est hyper-riche. Mais si bon. Et, que vois-je? Un autre oeuf de caille mariné? Joie. Finalement, de la moelle d'os de wapiti. J'avais aussi hâte de manger ça, bien que je fus un peu déçu. C'était trop gélatineux (habituellement, ce serait plus comme un pâté), et ce goût typique de viandes chassées, et bien il était tout simplement trop fort, trop huileux. Mais pour 12$, comment se plaindre. Qu'est-ce qu'on peut acheter de mieux pour 12$? Pas grand chose.

Bon je vais conclure brièvement parce que je me sens emporter par un élan de ferveur gourmande: c'était bon. Vous devriez y aller.


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