10-03-20

Molto

Non mais quel courageux visage, n'est-ce pas? Cet individu, on le nomme Milan, un très bon ami à moi que je ne vois que trop peu, étant donnée sa tendance à s'éloigner à des milliers de kilomètres de moi. Mais nos rares rencontres sont toujours des événements emballants, illuminants. Bon, ça suffit à son sujet, parlons plutôt de quelque chose d'important: mon repas chez Molto.


Molto c'est nouveau. Quasi-nouveau. 2008? 2009? Une des deux. Bref, c'est nouveau. Mais c'est aussi bon. On le dit. Comme je le dis à chaque fois que je parle d'un restaurant du Vieux-Hull: beaucoup-de-clients-le-midi-difficile-d'avoir-des-clients-le-soir-comme-c'est-malheureux. Bon. Dans ce cas-ci, c'est encore plus malheureux. Comme le Bistro Saint-Jacques, on trouve ici un excellent restaurant, évidemment mené par un chef de cuisine compétent, avec un bel établissement en plus. Ça faisait déjà un instant que je voulais y aller, et quand j'appris que mon cher collègue Dufour y travaillait, et bien j'ai enfin succombé, hier midi.

Molto, si vous êtes de fins linguistes comme moi, c'est un mot italien, clin d'oeil implicite à la spécialité culinaire du resto: italienne. Un bruschetta à 9$ fut mon choix parmi d'autres entrées, toutes simples, mais dénotés par une attention aux ingrédients. Ici, l'excellent pain Art-Is-In (le meilleur choix qu'on puisse faire en région) forme une solide base pour des tomates biens charnues, un fromage de chèvre piquant, une huile d'olive parfumée et d'aromatiques feuilles de basilique. C'est un bon bruschetta, mais ce ne sera jamais le point culminant d'un repas.

Pour Milan, ce point culminant fut quelque peu decevant. Son sandwich végétarien (13$), également sur pain Art-Is-In, est restreint par sa température: il arrive trop froid. Cela empêche aux saveurs leur plein déploiement. On goûte à peine les portobellos, surtout le pesto de poivrons rouges et pas du tout le fromage de chèvre. Chaud, ou pressé, avec un fromage plus fondant, je crois que ce serait un superbe sandwich. Les frites sont bonnes, quoique parfois molles, bien salées.

La déception fut bien moindre dans mon cas. Je la dirais même absente. Un poulet gorgonzola, j'ai choisi. À 17$, je m'attendais à ce que ce poulet soit tendre et juteux, baignant dans une riche sauce piquante, arômatisée d'ail rôti, avec des pâtes habilement habillées d'huiles avec des courgettes minces amenant un soupçon de fraîcheur en bouche. J'ai eu raison, c'est ce que j'ai eu. Vraiment une belle assiette où, de toute évidence, chaque ingrédient est de qualité, et dûment exploité. Un bon conseil de mon cher M. Dufour.

Ayant couru le matin-même, malgré un rude rhume, je me suis cru méritant d'un dessert. Je mérite toujours un dessert dans le fond. La torte au chocolat et, d'abord, super belle, simple, élégante, avec un coulis de fraises rouge comme un bijou, chic. Le goût va de pair, profondément chocolaté, épais, lourd (ce sont des compliments) et heureusement pas trop sucré, défaut qui gâche tant de desserts.

Somme toute un très bon repas en excellente compagnie. Je devrais aller au resto plus souvent. Merci Milan!

Bistro Molto
131 Promenade du Portage,
Hull

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