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2010-05-25

La Dolce Vita

C'est plutôt estival dehors, n'est-ce pas? C'est mon avis. Ce temps estival occasionne un désir chez moi d'être dehors. Donc, terrasses. La Dolce Vita a une terrasse. Sa terrasse se trouve dehors, critère important. Ce resto italien n'était pas très occupé le dimanche soir que je m'y trouvais. Néanmoins, un serveur agité s'est vite empressé de nous dire où l'on ne pouvait pas s'asseoir sur ladite terrasse. Assis, on attend un peu trop longtemps le menu, un peu trop longtemps nos verres et un peu trop longtemps nos assiettes. Tout ça avec un service brusque, un peu gênant. Mais il fait beau, et on mange. Ci-haut, des fettucini dans une sauce de vin blanc crèmeuse avec basilique, poulet et coeurs d'artichaut. C'est riche en beurre et en crème, une bonne chose. Le basilique laisse un beau parfum à travers le tout, le poulet est tendre et suffisant et les coeurs d'artichauts, bons comme des coeurs d'artichauts. C'est un plat de pâte satisfaisant, généreux et riche en saveur, malgré son aspect un peu ordinaire.


Ici une pizza au prosciutto, aux coeurs d'artichaut (encooore), au fromage de chèvre et au mozzarella. Les ingrédients sont tous de qualité, mais leur répartition laisse un peu à désirer, et fait en sorte qu'on se trouve avec des bouchées parfois trop salées.

La pizza est à croûte mince, avec assez peu de poches d'air (four au gaz, ouais). Reste qu'elle est bien assaisonnée, légère est croustillante, surtout vers la cornicione. Comme les ingrédients, la sauce n'est pas répartie de façon très équilibrée. Une bonne pizza qui pourrait être meilleure avec un peu d'attention.

Le calzone a toujours été un plat qui m'a déçu. Petit, je m'imaginais toujours une espèce de pizza pochette gourmet. À Dolce Vita, c'est une appellation qui convient. Comme on peut voir, c'est une assez grosse poche de pâte qu'on a là, avec la même pâte que dans la pizza.


Ce calzone se voit fourrer de jambon, de poulet, de mozzarella et de sauce tomate. C'est lourd, graisseux et délicieux. Un plaisir pour les gourmands de ma sorte.

Je refuse rarement les tiramisus. Mais je le ferai dorénavant, ici. La présentation, d'abord, est quasi-risible. Je ne veux pas de parapluie, ni d'une tonne de crème fouettée sur mon tiramisu. Ça contribue pas vraiment au succès du dessert.

Le tiramisu n'est pas à point. On ne retrouve pas vraiment cet amalgame de goûts et textures qui est le capital de ce dessert. Mouin.

Pas si mal comme repas. L'endroit, dans l'ensemble, me donne l'impression d'être dépassé: le menu, le décor, le service, la musique. C'est comme l'idéal kitsch du resto italien des années '90. Une modernisation serait de mise, bien qu'on ne mange pas mal ici.

La Dolce Vita
180 rue Preston
Ottawa

2010-03-20

Molto

Non mais quel courageux visage, n'est-ce pas? Cet individu, on le nomme Milan, un très bon ami à moi que je ne vois que trop peu, étant donnée sa tendance à s'éloigner à des milliers de kilomètres de moi. Mais nos rares rencontres sont toujours des événements emballants, illuminants. Bon, ça suffit à son sujet, parlons plutôt de quelque chose d'important: mon repas chez Molto.


Molto c'est nouveau. Quasi-nouveau. 2008? 2009? Une des deux. Bref, c'est nouveau. Mais c'est aussi bon. On le dit. Comme je le dis à chaque fois que je parle d'un restaurant du Vieux-Hull: beaucoup-de-clients-le-midi-difficile-d'avoir-des-clients-le-soir-comme-c'est-malheureux. Bon. Dans ce cas-ci, c'est encore plus malheureux. Comme le Bistro Saint-Jacques, on trouve ici un excellent restaurant, évidemment mené par un chef de cuisine compétent, avec un bel établissement en plus. Ça faisait déjà un instant que je voulais y aller, et quand j'appris que mon cher collègue Dufour y travaillait, et bien j'ai enfin succombé, hier midi.

Molto, si vous êtes de fins linguistes comme moi, c'est un mot italien, clin d'oeil implicite à la spécialité culinaire du resto: italienne. Un bruschetta à 9$ fut mon choix parmi d'autres entrées, toutes simples, mais dénotés par une attention aux ingrédients. Ici, l'excellent pain Art-Is-In (le meilleur choix qu'on puisse faire en région) forme une solide base pour des tomates biens charnues, un fromage de chèvre piquant, une huile d'olive parfumée et d'aromatiques feuilles de basilique. C'est un bon bruschetta, mais ce ne sera jamais le point culminant d'un repas.

Pour Milan, ce point culminant fut quelque peu decevant. Son sandwich végétarien (13$), également sur pain Art-Is-In, est restreint par sa température: il arrive trop froid. Cela empêche aux saveurs leur plein déploiement. On goûte à peine les portobellos, surtout le pesto de poivrons rouges et pas du tout le fromage de chèvre. Chaud, ou pressé, avec un fromage plus fondant, je crois que ce serait un superbe sandwich. Les frites sont bonnes, quoique parfois molles, bien salées.

La déception fut bien moindre dans mon cas. Je la dirais même absente. Un poulet gorgonzola, j'ai choisi. À 17$, je m'attendais à ce que ce poulet soit tendre et juteux, baignant dans une riche sauce piquante, arômatisée d'ail rôti, avec des pâtes habilement habillées d'huiles avec des courgettes minces amenant un soupçon de fraîcheur en bouche. J'ai eu raison, c'est ce que j'ai eu. Vraiment une belle assiette où, de toute évidence, chaque ingrédient est de qualité, et dûment exploité. Un bon conseil de mon cher M. Dufour.

Ayant couru le matin-même, malgré un rude rhume, je me suis cru méritant d'un dessert. Je mérite toujours un dessert dans le fond. La torte au chocolat et, d'abord, super belle, simple, élégante, avec un coulis de fraises rouge comme un bijou, chic. Le goût va de pair, profondément chocolaté, épais, lourd (ce sont des compliments) et heureusement pas trop sucré, défaut qui gâche tant de desserts.

Somme toute un très bon repas en excellente compagnie. Je devrais aller au resto plus souvent. Merci Milan!

Bistro Molto
131 Promenade du Portage,
Hull

2010-01-02

Parma Ravioli et bonne année


Parma Ravioli est une épicerie italienne qui, le midi, sert aussi le dîner, surtout pour emporter. Il y a trois tables du bord de la fenêtre qui offrent une belle vue sur le rythme frénétique de la cuisine. Accompagné d'Ali, on a placé nos manteaux sur deux chaises, commandé et on mangeait bientôt notre repas. À 14h, l'endroit était heureusement tranquille. Étant donné la proximité de l'établissement à des gros bureaux de fonctionnaires, ça s'achalande plutôt rapidement aux heures de pointes.

Au menu, il y a des paninis, des pâtes, des sandwichs chauds et des salades, rien qui ne dépasse les 10$. On offre aussi des spéciaux quotidiens, où Ali choisit les pennes avec saucisse, légumes grillés et sauce méditerranéenne. Les saucisses sont italiennes, au plaisant goût de fenouil. La sauce est évidemment faite sur place: des forts goûts de tomate et d'ail témoignent de sa fraîcheur. Des cubes d'aubergines ne sont pas assez cuits, mais les autres légumes (poivrons, oignons) le sont, mettant un peu de sucré dans l'assiette. Dans l'ensemble, c'est un plat de qualité, mais pas mémorable. Ali a légèrement regretté son choix.

Je n'ai pas regretté le mien. Quoi de mieux pour complémenter une belle journée enneigée qu'un sandwich beurré à l'ail plein de boulettes de viande, de sauce tomate et de mozarrella fondu?

Je suis content de ne pas habiter trop près de Parma Ravioli. À moins que 8$, j'aurais de la difficulté à résister cette généreuse assiette. Les boulettes sont prototypiques. Consistantes sans être opprimantes. La sauce, épicée et acidulée avec une note de sucre, est riche, épaisse et pas trop abondante. Le pain rempli brillamment sa tache. Il est frais et souple, il réussi à contenir sa charge imposante et il ne se décompose pas en une pâte moite au contact de la sauce. Chaque bouchée était un plaisir, les saveurs fortes ne s'affrontant pas, mais s'unissant plutôt sous l'étendard du délicieux. J'ai aussi apprécié ma salade aux épinards, où j'ai trouvé des quarts d'oeuf cuit dur. Tout est meilleur avec des oeufs.

Grosso modo, un repas simple, rapide, satisfaisant et pas dispendieux, un peu comme un fast-food gourmet. Ce n'est peut-être pas tout le monde qui veut manger dans une épicerie, mais on a trouvé ça bien plaisant, surtout à cette heure de l'après-midi. On a pu écouter les bruits de la cuisine, regarder la neige qui tombait dehors et même écouter ce que les autres clients commandait, ce qui me plaît particulièrement. Je crois bien y retourner, question de goûter d'autres plats de pâtes (et de manger d'autres boulettes).

Et voici des photos des vos auteurs, pour que vous puissez penser à nos visages lorsque vous nous lirez. Ça, c'est Ali.

Ça, c'est Eric

Ça, ce sont des assiettes vides signalant notre repas terminé, métaphore visuelle que je propose pour en venir à vous souhaiter une bonne année, mais aussi remercier des gens. Ali d'abord, sans qui je n'aurais pas eu le courage de me lancer dans ce blog (et sans qui je n'aurais toujours pas goûter à des huîtres). Mes amis, pour m'accompagner au resto. Mes parents, pour m'accompagner et payer le resto. Et aussi, Pierre-Hugues, pour m'avoir vendu une belle caméra à bon prix. Bonne année à tous. J'espère manger de très bonnes choses avec vous en 2010.


Parma Ravioli
1314 rue Wellington Ouest
Ottawa

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