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2010-06-17

Bistro Saint-Jacques 2

Ma première visite au Bistro Saint-Jacques s'est bien passée. Mais qu'en serait-il de ma seconde? Le menu ne m'a pas semblé trop différent de la dernière fois. Ma mère, et son appétit d'oiseau, choisit la salade printanière, ci-haut, qui comprend de morceaux effilochés de confit de canard, tomates, fenouil, oignons marinés et autres légumes assortis. La thématique printanière n'est peut-être pas suffisamment articulée ici. La salade est bonne, cependant, le canard lui rendant un aspect plus riche et consistant, contrasté aux saveurs légères et acides du reste.


Pour ma part, un sandwich de gravlax sur pain Art-Is-In (ouaaais). On retrouve pas mal les mêmes ingrédients que dans la salade: oignons marinés, fenouil, tomates, le tout étant ici couvert d'une délicieuse crème fraîche. Le pain, aussi au fenouil, déçoit, trop sec. Le gravlax n'arrive pas à se démarquer parmi les autres ingrédients, une autre déception. Les frites, minces, croustillantes, fines et salées sont exquises, surtout avec une aïoli piquante: l'étoile du match. Ma caméra s'éteint malheureusement avant mon dessert, une crème brûlée parfumée au citron: très réussi.

Un repas satisfaisant, mais pas épatant, surtout si on prend en compte le prix (12$ pour la salade, 14$ pour mon sandwich). Je ne veux pas par contre vous en dissuader: des spéciaux du midi varient quotidiennement et sont, à chaque fois, dignes d'intérêt.



2010-06-03

Gy

Suite à l'invitation de chers collègues de travail, j'ai mangé au Gy hier, enfin. Ça faisait un petit bout que je voulais y aller, délai qui s'est avéré impardonnable. J'avais, en fait, déjà goûter à quelques créations de Gyno Lefrançois, chef cuisinier du Gy; il était le traiteur lors de notre party de Noël. C'était très bon. Et bien cette tendance ce poursuit. Hier, c'était très bon. Vraiment excellent même. Laissez-moi vous en parler.


Ce que vous voyez ci-haut est une crème d'asperges et de lait de coco. Si vous êtes comme moi (un savant), vous saurez qu'on se trouve en pleine saison d'asperges. Le goût sucré de l'asperge fraîche est bien exploité par le chef, la mariant à la douceur du lait de coco. Un équilibre raffraîchissant et léger, parfaitement printemps.

Petit pain sphérique: adorable.

Cette salade de tomates avec confit de citron, parmigiano et huile de pesto (je crois) est un autre succès. Ce n'est peut-être pas la saison des tomates, mais elles sont, ici, idéalement fraîches, un peu sucrées, un peu aigres et réellement la figure central de l'assiette. Les autres saveurs, quoique présentes et agréables, ne font que complémenter les jolies tomates.

On m'a longtemps vanté le tartare de boeuf du Gy. Je me devais donc d'y goûter. Les caractéristiques d'un bon tartares sont là: texture, goût, température. Mais on se démarque aussi. Une huile de paprika fumé pénètre le tout, rajoutant goût et, graduellement, chaleur au tout. Ce tartare se savoure mieux en appréciant la complexité des goûts qui se déploient progressivement en bouche.

Un filet de doré, avec sauce au paprika fumé, sur couscous est très bon selon mon collègue qu'on nommera « Jonathan Labadie ». Un plat qui met l'accent sur des ingrédients frais et une cuisson exemplaire.

Pour ma part, et celle de notre autre copain, disons « Guillaume Marquis », ce fut l'escalope de veau avec sauce aux champignons. Ouais, c'était exquis. La sauce est profondément riche, presque décadente. Ail, vin, beurre, poivre rose et champignon; toutes les saveurs y sont articulées au point où l'on oublie presque le veau qui est aussi digne d'éloge. L'escalope se voit enrobé d'une légère croûte, avec une chair tendre et succulente. Les pommes de terres qui accompagnent le tout ne sont pas trop remarquables, mais servent de superbe véhicule pour imbiber le reste de la sauce.

Les desserts avaient l'air bons aussi, donc on y a goûté. Une étagée de pommes avec caramel de romarin est une révélation. Les notes presque camphrées du romarin rendent une dimension toute nouvelle au caramel qui est déjà d'une évidente qualité. L'originalité d'une telle combinaison est surprenante, surtout vu son succès. Chef Gyno a du talent. N'oublions pas cependant les pommes, parfaitement tendres, contraste à la pâte feuilletée qu'on retrouve au centre.

Une crème brûle renversée sur un lit de fraise est un autre délice. Ici, le jeu entre la richesse de la crème, le croquant presque amer de la croûte brûlée et le fond acide et sucré de fraises est remarquable. La présence de fruits rajoute une belle dimension à un dessert qu'on interprète souvent banalement.

Un gâteau au fromage de chèvre est tout ce qu'on gâteau au fromage devrait être. Il s'émiette doucement et fond dans la bouche. Ni lourd, ni trop sucré. J'aurais peut-être seulement voulu qu'on goûte un peu plus le lait de chèvre, mais ça serait un peu capricieux. Un autre brillant dessert.

Le midi, les prix chez Gy sont plus que raisonnables, déjà qu'on s'en sort très bien au souper (mes deux entrées, mon plat principal et mon dessert m'ont coûté environ 25$ avant pourboire). Cette visite me fait regretter tout le temps que j'ai passé sans y avoir mangé. Un jeune chef qui fait preuve d'originalité, de souci de fraîcheur et de qualité dans les ingrédients, voilà ce qu'on trouve chez Gy. Vous m'y reverrez bientôt.

Gy Resto-Traiteur
39-A rue Laval
Gatineau (Hull), Québec

2010-04-09

Amiral Restaurant: suite

L'assiette shawarma est une belle chose. Poulet, riz, patates, sauce à l'ail, hummus, salade, légumes marinés, pita: un groupe sympathique. Et c'est bien fait chez Amiral Restaurant. Tout est frais, la viande est tendre et la portion est immense.


Mais puisqu'on parle déjà de groupes sympathiques, j'ai une petite nouvelle pertinente pour le blogue. J'aménage en appartement avec deux coquins, Mathieu et Vincent. Pourquoi est-ce pertinent? Parce que je serai dorénavant obligé de cuisiner davantage, me donnant donc l'occasion de partager des recettes et des repas maisons sur le blogue! Exaltation! De plus, on déménage près de deux établissements gastronomiques phares de la région: La Station et le Tuscano's. Je tolère difficilement cette anticipation!

2010-03-28

Des poutines

Même si on fréquente la même université, ça faisait un instant que je n'avais pas vu Mathieu G (pas le Mathieu du post précédent). Mais je l'ai vu jeudi. Accompagné de Milan et autres personnages, il est venu Aux 4 Jeudis, où je gérais habilement les platines, et on a parlé et ri. Il m'a fait part d'une idée de blogue qu'il entendait mettre sur pied, soit un blogue où l'on trouverait exclusivement des palmarès. « Bonne idée. » Idée de palmarès? « Les meilleurs poutines du coin. » « Bonne idée. » Après un échange de numéros, on se fixa rendez-vous pour le lendemain, jour durant lequel se déroulerait une escapade gourmande à la recherche des bonnes poutines de la région.


Nous avons tenu notre engagement mutuel et dès 14h on se trouvait déjà à proximité d'une friteuse, de sauce brune et de crottes de fromage. Notre but était surtout de comparer les poutines qu'on comptait généralement parmi les meilleures de la région, exercice que j'avais déjà tenté, avec moins de lucidité, avec Vincent et Mathieu. Cette fois-ci, on a fait ça avec sérieux.
Pas trop de sérieux quand même. Premier arrêt, la Patate Dorée (153 rue Eddy), institution hulloise. La poutine est jolie, les frites bien colorées, bien que pas trop croustillantes. La sauce a un goût net et une texture onctueuse. Une légère note sucrée émane du tout.

Un de ses traits la démarque: le fromage fond. Le fromage fond et figurent dans chaque bouchée les bonnes proportions de chaque ingrédient. C'est un très bon départ à notre périple.

On passe ensuite chez la Pataterie Hulloise (303 St-Joseph), autre figure éminente en matière de poutine. L'endroit porte un certain cachet dans mon cas. Petit garçon, j'y allais souvent avec mon père et mon frère, prenant toujours un jus de raisin (très artificiel), deux hot-dogs avec bacon et ketchup et des frites. C'est seulement plus tard que j'ai commencé à manger leur poutine, que j'ai toujours appréciée, et que Vincent et Mathieu ont préférée lors de notre dernier affrontement de poutines.

Mais cette fois-ci, ce ne fut que déception. Les frites sont, comme toujours, huileuse, croustillante, parfaitement cuites et sucrées: je les aimes. La sauce gâche un peu la fête: elle a un goût amer, presque brûlé, qui évoque l'odeur de vieille huile à friteuse qui accable l'endroit. Même les crottes de fromages bien caoutchouteuse n'ont su la sauver. Malheureux échec.

On poursuit chez Gaga Patates (1123 St-Louis, Gatineau), l'équivalent gatinois de la patate dorée. Mathieu G me promet que c'est une excellente poutine. Je le dévisage avec méfiance et dégoût. Mais c'est une très bonne poutine. Vous noterez qu'elle semble quelque peu innondée de sauce: elle l'est. La sauce est excellente ici, crémeuse, savoureuse, avec des petits flocons d'origan, qui ajoute un goût curieux, mais bienvenu.

Les frites sont quelques peu ramollies par la sauce, et le fromage ne fond pas, mais le tout est riche et satisfaisant. Une expérience distincte des poutines précédentes, mais très appréciées. La proximité de Gaga Patates est un des rares avantages à vivre à Pointe Gatineau, je crois.

Puisqu'on ne s'en fait pas trop pour notre efficacité dans les déplacements, on revient sur Saint-Joseph visiter Patates Frites Chez Réjean (204, St-Joseph). La poutine est servie avec un couvercle. Une belle et heureuse surprise.

On a eu le plaisir ici de rencontrer les frites les plus croustillantes de l'après-midi. La sauce était similaire à celle de la Patate Dorée, peut-être un peu moins épaisse, mais insuffisante, au point où les dernières bouchées étaient presque sèches. Mais le reste est très bon. Le fromage est pas trop remarquable, mais est adéquat.

Bon. Outre la Pataterie, les poutines ont chacun leurs avantages, leurs lacunes. Mais parlons prix. Réjean? 3,75$. Gaga? 4$. Pataterie? 3,85$. Patate Dorée? 2,25$. Avec quatre portion plutôt égales, Patate Dorée présente une aubaine remarquable. Ce qui lui donnerait, selon moi, l'avantage crucial.

Mais les autres poutines sont (habituellement) bonnes. Merci à Mathieu G pour l'idée et la compagnie.

2010-03-27

Amiral Restaurant

Salut là! Est-ce que vous vous souvenez de Mathieu? C'est mon ami, on a mangé des shawarmas ensemble. Bien, voilà, cette consommation de shawarmas est devenu, il semblerait, une rite chez nous deux, rite qui se déroule le vendredi soir. Avant hier, ce rite incluait toujours visite chez un certain Marroush. Mais le 26 mars 2010, nous nous rendîmes ailleurs. Ailleurs, c'est Amiral Restaurant (365 boul. Taché, Hull). Vivement conseillé par notre ami Simon (alias SG, dit le Tueur), cet établissement se révèle agréable à visister, contrairement à son répugnant prédecesseur Yummy's. Gentiment accueillis par un moustachu roux, nous passons à l'acte de la commande, prenant chacun pommes de terre à l'ail et shawarma au poulet, mais lui en grand format, et moi en petit. De retour à la demeure de mathieu, on déballe. Ci-haut, voyez la différence. Il y a effectivement un shawarma plus grand que l'autre.


Ici, on voit les patates avec son agrément de sauce à l'ail. La sauce est crémeuse, salé (ce qui la distingue de la sauce plus aigre de chez Marroush) et bien rehaussée d'ail. Les patates, elles, sont moelleuses et légères, faciles à manger et excellentes. C'est un net avantage sur Marroush, même si on les aurait appréciées avec un peu de croquant, c'est patates. Passons au sérieux.

Je suis sérieux quand je dis que c'est un bon shawarma. D'abord, il est grillé, lui attribuant un supplément en texture et, du même coup, l'empêchant de devenir trop imbu de sauce. La portion de sauce est aussi idéale, ne trempant pas le pita.

Les ingrédients sont frais, bien répartis et se distinguent en bouche. La construction du shawarma ne laisse rien à redire: il maintient son intégrité du début à la fin.

Le poulet, moins sec qu'au Marroush (et on y trouve de la viande brune), est abondant, présent dans chaque bouchée. Notez.

Verdict: c'est très bon. Meilleur que Marroush? Je dis oui. Mathieu dit non. Mais nous aimons les deux. C'est en effet une expérience différente aux deux endroits. Les goûts, la structure, la grosseur des sandwichs et même l'ambiance des restaurants peuvent faire l'objet d'éloges ou de préférences. Difficile donc de trancher dans l'absolu entre ces deux restaurants.

C'est pas si grave. On ne se plaindra pas d'avoir un autre bon resto de shawarma.

2010-03-20

Molto

Non mais quel courageux visage, n'est-ce pas? Cet individu, on le nomme Milan, un très bon ami à moi que je ne vois que trop peu, étant donnée sa tendance à s'éloigner à des milliers de kilomètres de moi. Mais nos rares rencontres sont toujours des événements emballants, illuminants. Bon, ça suffit à son sujet, parlons plutôt de quelque chose d'important: mon repas chez Molto.


Molto c'est nouveau. Quasi-nouveau. 2008? 2009? Une des deux. Bref, c'est nouveau. Mais c'est aussi bon. On le dit. Comme je le dis à chaque fois que je parle d'un restaurant du Vieux-Hull: beaucoup-de-clients-le-midi-difficile-d'avoir-des-clients-le-soir-comme-c'est-malheureux. Bon. Dans ce cas-ci, c'est encore plus malheureux. Comme le Bistro Saint-Jacques, on trouve ici un excellent restaurant, évidemment mené par un chef de cuisine compétent, avec un bel établissement en plus. Ça faisait déjà un instant que je voulais y aller, et quand j'appris que mon cher collègue Dufour y travaillait, et bien j'ai enfin succombé, hier midi.

Molto, si vous êtes de fins linguistes comme moi, c'est un mot italien, clin d'oeil implicite à la spécialité culinaire du resto: italienne. Un bruschetta à 9$ fut mon choix parmi d'autres entrées, toutes simples, mais dénotés par une attention aux ingrédients. Ici, l'excellent pain Art-Is-In (le meilleur choix qu'on puisse faire en région) forme une solide base pour des tomates biens charnues, un fromage de chèvre piquant, une huile d'olive parfumée et d'aromatiques feuilles de basilique. C'est un bon bruschetta, mais ce ne sera jamais le point culminant d'un repas.

Pour Milan, ce point culminant fut quelque peu decevant. Son sandwich végétarien (13$), également sur pain Art-Is-In, est restreint par sa température: il arrive trop froid. Cela empêche aux saveurs leur plein déploiement. On goûte à peine les portobellos, surtout le pesto de poivrons rouges et pas du tout le fromage de chèvre. Chaud, ou pressé, avec un fromage plus fondant, je crois que ce serait un superbe sandwich. Les frites sont bonnes, quoique parfois molles, bien salées.

La déception fut bien moindre dans mon cas. Je la dirais même absente. Un poulet gorgonzola, j'ai choisi. À 17$, je m'attendais à ce que ce poulet soit tendre et juteux, baignant dans une riche sauce piquante, arômatisée d'ail rôti, avec des pâtes habilement habillées d'huiles avec des courgettes minces amenant un soupçon de fraîcheur en bouche. J'ai eu raison, c'est ce que j'ai eu. Vraiment une belle assiette où, de toute évidence, chaque ingrédient est de qualité, et dûment exploité. Un bon conseil de mon cher M. Dufour.

Ayant couru le matin-même, malgré un rude rhume, je me suis cru méritant d'un dessert. Je mérite toujours un dessert dans le fond. La torte au chocolat et, d'abord, super belle, simple, élégante, avec un coulis de fraises rouge comme un bijou, chic. Le goût va de pair, profondément chocolaté, épais, lourd (ce sont des compliments) et heureusement pas trop sucré, défaut qui gâche tant de desserts.

Somme toute un très bon repas en excellente compagnie. Je devrais aller au resto plus souvent. Merci Milan!

Bistro Molto
131 Promenade du Portage,
Hull

2010-01-06

Marroush Shawarmas



À Hull, les shawarma Marroush ont une réputation. Tout le monde les connaît, chacun à son opinion et on a tous nos histoires à raconter. Au secondaire, quand je commençais à avoir l'âge à sortir manger avec des amis sans mes parents (quel grand moment), c'était souvent notre destination. C'était abordable, convivial, rapide. On pouvait y être turbulents sans se faire réprimander. C'était plus exotique et intéressant qu'un fast-food. Le service était aussi unique. Farceurs, rudes, impolis et rieurs, c'était toujours une expérience qu'intéragir avec les employés. Mais ça marchait. Ils paraissaient peut-être se moquer des gens, mais ils se souvenaient aussi de leurs clients, et on arrivait à créer un réel rapport avec eux. On avait hâte de les voir. Maintenant, les employés de ce temps-là se font plus rares. Peut-être étaient-ils des propriétaires, qui, avec l'expansion de leur commerce, on dut diminuer leurs responsabilités de service à la clientèle. C'est très possible d'ailleurs, parce qu'il y a d'autres « Marroush » ailleurs, sur Rideau et Elgin, à Ottawa, par exemple. C'est un peu nébuleux, par contre, parce que leurs shawarmas sont différents, mais bon, disons que c'est le cas.

Malgré tout ça, le principal attrait demeure ceci: les shawarmas sont immenses. Vous pouvez voir ci-haut qu'il dépasse facilement cette radieuse canette, et ce n'est même pas le grand format qu'on appelle ici le « bazooka ». Bien que le bazooka soit un spécimène unique et impressionnant de shawarma, mon estomac est un peu trop vieux pour le tolérer, et je me contente du format régulier, qui demeure quand même imposant.

Ce soir c'est avec Mathieu que je visite Marroush. Il prend toujours le shawarma au boeuf, vantant à chaque fois le goût plus prononcé de la viande, et me rappelant que tout autre choix est inacceptable, voire imbécile.

En dépit des conseils de Mathieu, je prends toujours le poulet, qui, de par sa texture plus tendre, se mange avec moins d'effort de mastication. Comme j'ai dit, l'atout principal du shawarma, ici, est sa grosseur. Chaque bouchée renferme une bourrée de légumes, condiments, de sauce, de viande et de pita. C'est un plaisir presque gamin que d'ouvrir la bouche, de croquer, sachant que ça va déborder, et d'avaler avec satisfaction. Les ingrédients ne sont pas des meilleurs que j'ai vus dans un shawarma. Les légumes manquent en général ce croquant qu'on associe à la fraîcheur. Le poulet est plus sec qu'ailleurs, ce qui m'étonne puisqu'ils doivent en passer plusieurs tours de poulet sur rôtissoire par jour. En revanche, les sauces sont bonnes: à l'ail, piquante et forte, on la sent sur notre haleine des heures durant; et sucrée, riche et crémeuse, elle va de pair avec l'acidité des légumes marinés. Ça ne sera pas mon dernier Marroush.


Ce seront mes dernières pommes de terre, par contre. Acides, comme trop citronnées, salées, restées trop longtemps sur le comptoir et réchauffées au micro-onde, elles sont à déconseiller. Même la sauce à l'ail, ici, n'aide en rien, ne faisant qu'accentuer les saveurs excessives et déplaisantes des patates. On pourrait faire bien mieux.

Il y a des douzaines de restos à shawarma dans la région, tous suggérant une interprétation différent de ce sandwich si populaire. Marroush n'est peut-être pas le meilleur, mais il est le plus gros, et c'est suffisant pour se mériter mon 5$.

Marroush Shawarma Intl.
309 rue Saint-Joseph
Hull

2010-01-04

Billet sans photo

Hier soir s'est déroulé le party de staff donné par mon employeur, les entreprises François Fortier (vous le savez sans doute, mais: Café Aux 4 Jeudis et Piz'za-za). J'ai bien réussi à masquer ma curiosité quant au menu, surtout quand j'ai appris qu'il serait préparé par l'équipe du restaurant Gy, nouvel arrivant sur la rue Laval. Je ne sais pas pourquoi, mais je m'en étais méfié jusqu'à maintenant: j'ai de la misère à faire confiance à un resto qui a un nom de deux lettres.


Ça a tout changé maintenant, et j'ai bien hâte d'y faire ma première visite (la dernière fois que j'y suis allé, c'était plein, bon). Si je me fie à mes souvenirs quelque peu bernés par le vin et la bouffe, on a été servi du poulet à l'orange, de la bavette de veau, du saumon au tandoori (je crois...), une autre protéine, de la polenta, de la ratatouille, une rillette de saumon, un tartare, des bouchées d'escargots emballées dans de la pâte phyllo et plusieurs autres petits mets que j'oublie malgré moi. Le tout a été servi comme buffet, donc ce n'est peut-être pas représentatif de la qualité initiale de chaque plat, mais c'était néanmoins excellent. La polenta était magnifiquement pénétré des saveurs de fromages et de poivre. Le poulet était succulent, tombant des os. Le tartare était très bien rendu, tendre et délicieusement assaisonnement, sans pour autant nous faire oublier qu'on mangeait de la viande. J'ai probablement mangé une douzaine d'escargots, où j'ai cru goûter un murmure de cannelle, jouant bien contre le salé.

Je n'en parlerai pas plus, afin de garder mes commentaires pour une visite disons formelle, mais je vous assure que cette visite aura lieu. C'est probablement un des plus beaux buffets duquel j'ai pu m'empiffrer.

Gy
39 rue Laval
Hull

2009-12-08

Bistro Saint-Jacques

J'avais prévu aller au Bistro Saint-Jacques avec Ali, mais elle se désista malheureusement au dernier moment, fin se session oblige. Gourmand (et indolent étudiant) que je suis, je n'ai pu résister d'y aller quand même, accompagné plutôt de mon père.


Ce nouveau resto hullois se trouve à une addresse qui a vu passé plusieurs bon restaurants depuis les années. Ce changement perpétuel d'occupant est symptomatique de la situation de la restauration dans le centre-ville hullois. Les midis de la semaine, il y a des dizaines de milliers de fonctionnaires qui déambulent les rues à la recherche de repas. À l'heure du souper, en revanche, l'heure où les restaurants font habituellement la majorité de leurs recettes, ces mêmes rues sont vacantes. Quelques commerces comme le Twist ou le Piz'za-za, sont bien fréquentés en tout temps, mais ils constituent l'exception (même le Twist semble se tranquiliser dernièrement).

Mais le BSJ fait tous les efforts pour renverser ce sort. La salle à manger est simplement élégante, nappes blanches et beaucoup de lumière. Le service aussi est attentif, professionel et le menu donne appétit. À regarder ce restaurant, on se dit que ça devrait marcher. Et le repas me laisse du même avis.

Nous prenons une bière pour commencer notre dîner, une Griffon Rousse. Sombre, douce et crèmeuse, elle n'est pas trop houblonnée et se boit très bien avec un repas, dans mon expérience. Elle est, pour moi, le lait des bières.

Un panier de pain, un peu trop pâteux, se voit accompagner d'un beurre aux légumes. D'allure plutôt remarquable, le goût est tout aussi impressionnant. Un beurre de qualité, un peu sucré, très crémeux, est accentué par des notes végétales et d'épices. Je dirais courge ou potiron avec une pincée de cannelle ou muscade. La texture mietteuse était aussi particulière, fondant particulièrement bien sur la langue.

La soupe du jour, à 7$, était en ce mardi un potage de carottes, pommes et de poivre. Parfaitement assaisonnée, n généreux zig-zag d'excellente huile d'olive enrichissait aussi cette soupe veloutée à souhait. La pomme et la carotte se combinait pour créer une seule saveur, sucrée et acidulée, qui rappelait presque une soupe au tomate. Un dix sur dix.

Sur le menu des spéciaux, on retrouve une omelette aux tomates, brie et prosciutto (12$) choisie par mon père. Je dois m'admettre souvent déçu par les omelettes au resto, que je trouve trop souvent sèches et déplaisantes à mâcher, ou au contenu mal réparti ou peu goûteuxé. C'est le contraire ici. Les oeufs atteignent l'équilibre entre la délicatesse et le tangible, et les ingrédients se goûtent à chaque bouchée. Des gros morceaux de prosciutto d'évidente qualité rendent au plat une riche et enivrante saveur de porc, avec un brie subtil, fondu et crémeux qui nous amènent aux paroxysmes de la texture, avec finalement des tomates cuites dont l'acidité coupe la décadence de l'omelette. C'est probablement la meilleure omelette que j'ai mangé en ville.

Je choisis leur club sandwich (13$), servi aussi avec frites et salades. J'aurais pu choisir un autre accompagnement, question de goûter au plus de choses possibles. Mes excuses. Des fois il faut penser à soi et, après avoir vu ces frites à une table voisine, je n'ai pu résister.


Le sandwich comme tel est composé de bacon à l'érable, de tomates, de cheddar âgé et de confit de poulet. Ils y mettent aussi de l'avocat, mais j'ai dû demander qu'on l'enlève, faute de mes allergies (tristeesssseeeeeeeuh). Constat étrange: une seule tranche de pain était grillée, probablement une erreur. J'aurais préféré si les deux tranches avaient été chaudes et croustillantes, mais bon. Le reste du contenu n'a guère déçu: le poulet est tendre et succulent, le bacon bien fûmé et avec un soupçon d'érable, le tout agglutiner par le cheddar fondu, bien fort et bien bon. Une mayonnaise maison et les mêmes bonnes tomates que dans l'omelette assurent que le sandwich ne déssèche pas trop le palais.

Les frites aussi étaient trop bonnes. Bien salées, bien croustillantes, légères et fines au point où l'on croirait pouvoir en manger tout l'après-midi.

Un tel dîner exige d'autres visites, donc, Ali, on peut y retourner. J'espère aussi que d'autres y iront ou retourneront. Le 51 rue St-Jacques a trouvé un très bon locataire, et il faudrait bien l'encourager à y demeurer.

Bistro Saint-Jacques
51 rue Saint-Jacques
Hull

2009-10-27

Dîner comme si j'étais fonctionnaire


Le centre-ville hullois est une zone étrange au niveau de la restauration. Les midis de la semaine, on y trouve des milliers de fonctionnaires parcourant les rues à la recherche de subsistance. Après 18h (il en va de même pour les fins de semaine), c'est tout le contraire. Ce faisant, plusieurs restos ne sont ouverts qu'à ces heures de pointes, bien que certains des plus populaires perdurent jusqu'en soirée. Profitant d'un dîner avec ma mère pour découvrir un de ces établissements ouverts exclusivement à midi, nous nous rendîmes à l'Art Y Chaud. Oui, on trouve sur le menu une trempette aux artichauts. Le légume se trouve aussi dans quelques salades. Sinon, on retrouve des grillades, des sandwichs, des paninis et des soupes sur le menu. Rien de trop inusité. Étant donné l'appétit plus que léger de ma mère, je n'ai pas pu goûter à tout sur le menu (malheur!). J'ai donc commandé le potage de poireaux (5$). Espèce de potage que j'aime habituellement, celui-ci a une bonne texture, est bien épicé, mais manque de vie. Un peu de sel? Plus de poireaux? Des pommes de terre? Ça aiderait peut-être disons. Tout de même pas si mal. Le pain à l'ail pressé satisfait mon besoin de pain à l'ail.
Notre serveuse, qui joue aussi le rôle de propriétaire française, m'a invité à goûter au hamburger Art Y Chaud (en spécial à 9$), à l'intérieur duquel on retrouve la fameuse trempette à l'artichaut. Malheureusement, comme est le cas pour plusieurs trempettes à l'artichaut, ça goûte surtout le fromage, et, ici, le fromage à la crème. Mouin. Des oignons caramélisés sont très (trop) sucrés. La boulette est ici pré-formée, post-congelée: fade, sèche et grise. C'est jamais trop mauvais un hamburger, mais dans ce cas-ci, c'est pas super bon non plus.

Les frites sont ordinaires. Dans le fond, je m'en souviens pas trop, mais je me souviens de ne pas les avoir terminées, mauvais signe. La salade «toscane» est un mélange de poivrons, oignons rouges, tomates, feta et artichauts dans une vinaigrette un peu trop huileuses. Les légumes sont gluants et on goût surtout le fromage et la vinaigrette.

Pas mauvais, mais pas vraiment bon. Un repas qui inspire l'indifférence n'est pas un repas qui mérite mon attention. Allez plutôt au Twist ou au Piz'za-za. Ou au Coin du Chiche!

L'Art Y Chaud
66 rue Eddy,
Hull

2009-10-23

Bienvenu et Resto Madame Petit-Pois


Salut! Au cas où quelqu'un lirait ce blogue, je me présente: Eric. Le Mot de la faim (MDLF dorénavant) est en fait une collaboration entre deux personnes. Alexandria, qui a pondu le joli jeu de mots qu'on a pris pour nom, sera la seconde contributrice. Tous les deux étudiants à l'Université d'Ottawa, notre engouement pour la bouffe nous a uni et mené à créer ce site où nous allons dispenser de toutes sortes de palabrages, photos et opinions au sujet de toutes choses gastronomie, avec comme point de référence la région de la capitale nationale.
Passons donc aux choses intéressantes. Je crois bien que c'est la semaine passée qu'Alexandria et moi sommes allés au Restaurant Madame Petit-Pois, à Hull, assez près de l'UQO (et tout près de chez moi). Je ne dis pas non quand on me suggère d'aller au resto mais j'ai eu un moment d'hésitation quand j'ai entendu le mot suivant: végétarien. Je crois que mes instincts omnivore m'ont conditionné à me méfier de cette persuasion culinaire. Néanmoins, j'y vais.

C'est un petit établissement. Quelques bancs au comptoir, devant la fenêtre et deux tables pour couples. Le menu aussi reste minime. Le jour de notre visite, on trouve deux soupes, un sandwich et une salade. On prend tout. La crème de légume est des plus onctueuses et c'est la texture qui fait vraiment le plat ici. La saveur ne s'impose pas, hormis une note de muscade. Ça demeure très plaisant, surtout à cette saison.

La soupe accompagnait mon sandwich rempli de légumes frais, fromage monterey jack, sauce sésame et d'une croquette de légumes. Le pain, frais de l'excellente boulangerie Le Pain d'Alain, s'avère un parfait véhicule pour son contenu aux saveurs multiples simples et satisfaisantes. Le fromage fondu rajoute juste un peu de gras, pour satisfaire les gourmands.

La salade de nouilles soba est probablement l'étoile du match. Les nouilles, faites à base de farine de sarrasin, sont servies froides, baignées dans une vinaigrette aux amandes. Salade mesclun, cresson, concombre, carottes, pistaches et betteraves recouvrent le tout. Le jeu de texture entre les nouilles fraîches et les légumes croustillant est superbe. Vraiment une assiette qui déborde de saveur, surtout avec les pistaches salées là pour rehausser l'ensemble.

La soupe chili à la courge est surtout soupe. Pas aussi épais ou consistant qu'un chili habituel. Les légumes maintiennent néanmoins leur goût et, malgré un manque d'épices selon moi, c'est une excellente soupe que plusieurs restos seraient fiers de servir.

Somme toute, repas excellent. Quelques questions auprès de la propriétaire révèle qu'elle priorise les ingrédients locaux et biologiques, ce qui explique l'excellente qualité de ses plats. C'est un peu malheureux de trouver ce superbe petit resto dans un quartier tranquille, pas disposé à fréquenter l'établissement. Je vous invite à y faire un tour et supporter cette merveilleuse petite entreprise.


Resto Madame Petit-Bois
60 rue Bégin, Hull

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